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MDG-2015

 
Objectifs du Millénaire pour le développement
 
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Message d’Amadou Top Version imprimable Suggérer par mail
Représentant du Président Wade

 Invité à prendre la parole à la « table ronde des visionnaires », organisée dans le cadre de la préparation du Sommet Mondial sur la Société de l’Information, le Président de la République du Sénégal, parlant au nom de ses pairs du NEPAD, a lancé l’idée de solidarité numérique pour lutter contre le fossé numérique qui s‘élargit chaque jour davantage entre les pays du nord et ceux du sud, entre les hommes et les femmes, entre les générations, entre les villes et les campagnes, entre les riches et les pauvres, entre les handicapés et les autres, etc.

La nouveauté dans la proposition du Président Wade résidait assurément dans le fait qu’elle ne reposait pas sur une nouvelle taxe, dans le sillage des propositions de taxes dites globales telles que la « taxe Tobin », la « Bit tax », les taxes sur le commerce électronique, la taxe sur les noms de domaines, les taxes sur la fuite des cerveaux, les taxes sur l’utilisation des spectres des fréquences radio électroniques, les taxes sur l’utilisation de l’espace, etc., qui hélas ont toutes fait long feu.

La force persuasive de son projet citoyen tenait à son originalité, à sa simplicité, à son opérationnalité et au caractère non contraignant des contributions, qui dans sa formulation, devaient être totalement volontaires.

Bien évidemment, et malgré la simplicité du concept, son objet est de dire que les mécanismes de l’aide au développement sont inaptes à relever les défis nés du nouveau contexte de la mondialisation, dont les effets modifieront profondément les relations entre les peuples, les pays et les nations, du fait surtout du rôle devenu central des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) qui menacent de marginaliser dangereusement de nombreux pays et groupes sociaux.

En effet, le passage de l'ère industrielle à l'ère de l'information fait émerger toute une série de phénomènes qui bousculent les anciennes logiques économiques et sociales affectant tout à la fois la sphère publique et le domaine privé, la dimension professionnelle et l’espace de l'activité personnelle.

Au plan, local aussi bien que global, de nouvelles influences modifieront profondément les manières de travailler, de penser, et de socialiser les relations. Force est cependant de constater que des centaines de millions d’hommes et de femmes, surtout concentrés dans les pays du sud sont progressivement confinés à la périphérie de ce mouvement mondial. En 2003, selon « Le Monde interactif », le nombre d'appareils de télévision pour 1 000 habitants allait de moins d'un poste en Erythrée à 64 en Côte d'Ivoire en passant par 469 en République tchèque à 805 aux Etats-Unis. Le nombre d'ordinateurs personnels pour 1 000 habitants était inférieur à 1 au Burkina Faso, 27 en Afrique du sud, 38 au Chili alors qu'il atteignait 172 à Singapour et 348 en Suisse. Dans les pays d'Afrique, une personne sur 5 000 utilisait Internet, contre une sur six en Europe et en Amérique du nord.

La fracture numérique est toutefois multiforme et multidimensionnelle, et ne saurait se résumer à une simple pénurie d’équipements informatiques et de réseaux de télécommunications. Elle doit être examinée en relation avec les facteurs d’exclusion déjà existants qu’elle ne fait que renforcer. La partie du monde aujourd’hui exclue de l’économie du numérique est celle là même qui est marginale dans l’économie tout court. Les jeunes qui ne peuvent accéder à la formation en ligne sont aussi pour l’essentiel ceux qui sont privés d’école.

Mon ardent souhait est que, grâce entre autres au Fonds de Solidarité Numérique et sur la base des mécanismes qu’il mettra en oeuvre, il soit possible d’intervenir rapidement et sans pesanteur bureaucratique, administrative ou politique pour combler une grande partie du retard qu'a connu l'Afrique dans la société dite industrielle. Si ce continent a raté la révolution industrielle, c'est d'abord et avant tout parce qu’il n’a pas eu le choix de s’impliquer à ses divers stades d'évolution. L'esclavage et la colonisation ont fonctionné comme facteurs imparables d'exclusion et de confinement hors de la dynamique de l’industrialisation. Cette situation s'est également manifestée avec sa mise à l'écart des grands programmes de solidarité internationale qui ont permis de reconstruire des pays dévastés par les terribles guerres du 20ème siècle.

Passer des déclarations d’intention à l’action et chercher à résoudre dans les faits les énormes disparités constatées aujourd’hui dans l’accès et l’utilisation des TIC, voilà le mérite de cette initiative à laquelle les villes de Genève et de Lyon d’abord, puis de plus en plus d’Etats, de gouvernements et pouvoirs locaux, d’entreprises du secteur privé et la société civile mondiale répondent avec détermination et esprit d’engagement. Elle sera très certainement un instrument déterminant pour que les conditions d’exclusion soient transformées en opportunités d’inclusion dans la Société de l’information, afin d’assurer à chacun, grâce aux TIC, la possibilité de produire, d’exploiter et de diffuser sous forme orale, écrite ou visuelle, de l’information affranchies des contraintes de temps, de distance ou de capacité, et d’œuvrer à son propre épanouissement et au développement de sa communauté.

Amadou Top
Représentant du Président Wade

 

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