| Deuxième Session de la « Global Alliance for ICT and Development » |
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27 fév. 2007, Silicon Valley, Californie
Question 1 : Monsieur le Président, vous revenez de Silicon Valley, qui accueillait la deuxième Session de la « Global Alliance for ICT and Development ». Quelles sont vos premières impressions ? Comme le Fonds mondial pour la solidarité numérique, la « Global Alliance for ICT and Development » réunit, sous la présidence de Craig Barret, CEO d’Intel, des membres du secteur public, du secteur privé et de la société civile. C’est la première fois qu’une instance qui dépend des Nations Unies se réunit à Silicon Valley. Le nouveau Secrétaire général, Ban Ki Moon, a saisi cette occasion pour confirmer la stratégie de l’ONU définie par son prédécesseur, Kofi Annan : les technologies de l’information sont indispensables pour atteindre les Objectifs du Millénaire. Compte tenu des difficultés que les spécialistes du développement et des TIC ont à se comprendre, c’est une position de principe extrêmement importante.Au-delà de cette confirmation, essentielle pour le développement du Fonds, cette réunion a permis de constater que le secteur privé, représenté au plus haut niveau, était prêt à s’engager dans la lutte contre la fracture numérique aux côté des instances internationales compétentes. Cela conduit le GAID à combiner, dans ses activités, réflexion et actions concrètes. Cette évolution est essentielle pour le Fonds, qui, dès son origine, a misé sur un partenariat innovant entre les autorités publiques et les entreprises privées. Question 2 : Nous serons, dans moins de cinq mois, à la mi-temps du programme du Millénaire. Pensez-vous que le GAID peut contribuer aux objectifs du Millénaire ? Les Objectifs du Millénaire, définis par les Chefs d’Etat et les Chefs de gouvernement du monde entier, sont ambitieux. Comme trop souvent, il y a un écart entre les idéaux politiques et les moyens financiers effectivement engagés. Mais les choses avancent : les nouveaux mécanismes de financement du développement intéressent un nombre croissant d’Etats qui en discutent activement dans le cadre du Groupe pilote, les TIC sont reconnues comme un important outil de développement, les entreprises privées commencent à s’engager… Le GAID et le Fonds doivent soutenir le Secrétaire général et les Nations Unies dans leurs efforts et les aider à mobiliser les forces nécessaires pour maintenir la dynamique du Millénaire. En tenant sa réunion au cœur de Silicon Valley, le GAID donne un signal fort. Et le Fonds le répercutera à son tour en présentant, à Genève, le 20 mars, sa vision d’une Société de l’Information plus solidaire, fondée sur une forte connectivité, permettant, par les TIC, un accès généralisé aux connaissances. Question 3 : Pensez-vous que l’industrie des TIC est désireuse de collaborer à ces objectifs ? L’industrie des TIC n’est pas directement concernée par l’ensemble des Objectifs du Millénaire, mais elle joue un rôle essentiel dans le domaine de l’accès aux connaissances, en particulier pour la santé et l’éducation. J’ai pu constater que les entreprises de la Silicon Valley sont pleinement conscientes des enjeux et de leurs responsabilités. Les Nations Unies, le GAID, le Fonds et Silicon Valley ont d’ailleurs des démarches convergentes : assurer partout une bonne connectivité donnant accès à l’Internet, simplifier l’usage des TIC et réduire les coûts, répondre aux besoins réels des populations, développer des contenus locaux et assurer la formation de base. Pour que ces démarches convergentes soient aussi efficaces que possible, il faut dépasser la seule action publique – trop souvent corsetée – pour développer des partenariats public-privé fondés sur une vision partagée d’une société plus solidaire. Question 4 : Comment le GAID et le Fonds mondial de Solidarité Numérique (FSN) peuvent intervenir pour favoriser ce partenariat et parvenir rapidement à des résultats tangibles ? Le Fonds est l’une des rares organisations qui réunit des Etats nationaux, des collectivités locales, des entreprises privées et des organisations de la société civile. Ses activités – qu’il s’agisse de la recherche de ressources ou du financement de projets – doivent faire l’objet d’un consensus entre ses membres. Le Fonds incarne donc un partenariat public-privé, nouveau et réussi. Par ailleurs, le principe d’alimentation financière du Fonds est favorable aux entreprises : la contribution de solidarité numérique de 1% est recueillie dans le secteur des technologies de l’information pour financer, dans le même secteur, une demande existante, mais insolvable. En soutenant des projets communautaires qui créent des activités et des emplois, le Fonds participe à l’émergence des marchés de l’avenir. Pour les entreprises, ce mécanisme de financement n’est donc ni un impôt, ni un don, mais un investissement dans les marchés de l’avenir, qui donne droit au label « solidarité numérique ». Comme le GAID, le Fonds pense – et démontre – que la « responsabilité sociale » des entreprises est, à terme, payante ! Question 5 : Estimez-vous que le partenariat que vous proposez pourra rallier l’ensemble des acteurs du secteur privé ? Il est trop tôt pour répondre à cette question. Lorsque le Fonds - qui est une initiative de l’Union africaine – a été proposé, en décembre 2003, au Sommet Mondial pour la Société de l’Information, rares ont été les Etats qui l’ont soutenu activement. Mais, deux ans plus tard, grâce à l’engagement de son Père fondateur, Abdoulaye Wade, Président du Sénégal et Président du Comité des Infrastructures du NEPAD, et d’Olusegun Obasanjo, Président du Nigeria, Président de l'Union africaine, les Chefs d’Etats et les Chefs de gouvernement du monde entier ont reconnu le Fonds (New York, MDG+5, septembre 2005). Aujourd’hui, la contribution de solidarité numérique est reconnue comme l’un des nouveaux mécanismes de financement du développement : dans le cadre du Groupe pilote, son opportunité et sa faisabilité ont été reconnues par une bonne quarantaine d’Etats. Le Sommet francophone de Bucarest (septembre 2006) et le Sommet des pays ACP (Khartoum, décembre 2006) ont recommandé à leur Etats membres de la mettre en œuvre… A Silicon Valley, les grands patrons ont reconnu que c’était une bonne approche, mais, comme toujours, personne ne veut être le premier…et personne ne veut être le dernier ! Personnellement, je suis confiant : chaque idée vraiment nouvelle commence par être solitaire, puis marginale, puis minoritaire, puis majoritaire. Dans 10 ans, tout le monde la soutiendra. Et l’on se demandera « Pourquoi ne l’a-t-on pas fait plus tôt ?... » |











Comme le Fonds mondial pour la solidarité numérique, la « Global Alliance for ICT and Development » réunit, sous la présidence de Craig Barret, CEO d’Intel, des membres du secteur public, du secteur privé et de la société civile. C’est la première fois qu’une instance qui dépend des Nations Unies se réunit à Silicon Valley. Le nouveau Secrétaire général, Ban Ki Moon, a saisi cette occasion pour confirmer la stratégie de l’ONU définie par son prédécesseur, Kofi Annan : les technologies de l’information sont indispensables pour atteindre les Objectifs du Millénaire. Compte tenu des difficultés que les spécialistes du développement et des TIC ont à se comprendre, c’est une position de principe extrêmement importante.