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La « stratégie du 38 » Version imprimable Suggérer par mail
 
Selon le Vice-président du FSN, John R. Gagain, les mécanismes innovants pour le financement du développement sont un vrai défi pour les Nations Unies.

ONU
E
n 1970, les pays membres des Nations Unies consentent à ce que le 0,7% de leur PNB soit imparti à l’aide publique au développement (APD). L’accord devait être mis en oeuvre dans un délai de cinq ans. Trente huit ans plus tard, on reste très loin du compte. Et ces aides qui n’ont atteint, au mieux, que le 0,46% du PNB des pays industrialisés en 2005, diminuent encore en 2006, puis en 2007 pour l’ensemble des pays de la zone OCDE et pour l’Union Européenne.

C’est dans ce contexte que se sont retrouvés les Chefs d’Etat et de gouvernement à l’ouverture de la dernière Assemblée générale des Nations Unies, avec la tâche de dégager un accord qui pourrait être entériné à la fin novembre lors de la Conférence de Doha sur le suivi du financement au développement. Les engagements adoptés par les Etats membres depuis l’an 2000 seront évalués par rapport aux « Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ». Pour se rapprocher de ceux-ci, les Etats membres doivent s’entendre sur le paragraphe 38 de la Déclaration de Doha qui retient la possibilité de recourir à des mécanismes de financement innovants pour le développement. Certains sont déjà mis en oeuvre comme « l’impôt de solidarité sur les billets d’avion » ou la contribution de « 1% de solidarité numérique ». D’autres font l’objet de négociations au sein du Groupe pilote sur les contributions de solidarité en faveur du développement.

La cinquième session plénière de ce Groupe pilote a eu lieu à Conakry début novembre. Il est essentiel que ce regroupement de près de soixante Etats parvienne à un consensus sur le paragraphe 38 en y intégrant l’énumération complète des six principaux mécanismes financiers innovants qui doivent être retenus pour contribuer à la réalisation des «OMD». Cette proposition a été défendue par le Groupe des 77 (Groupe des pays en développement) et la Chine. Au moment où les Etats industrialisés sont contraints de se soustraire à leurs engagements en raison d’une situation financière critique, les ressources résultant de nouveaux mécanismes de financement constituent une opportunité unique d’endiguer les fléaux du sous-développement.

L’initiative du Président de la République française de convoquer, le 24 novembre à Lyon, une Conférence mondiale sur la solidarité numérique, rejoint les conclusions du Rapport Blair : « nous devons prendre les décisions qui montrent que nous voulons vraiment que l’Afrique devienne puissante et prospère ». La généralisation des mécanismes de financement innovants qui ont fait la preuve de leur faisabilité est possible à Doha.

C’est cette position que les différents groupes politiques doivent soumettre au Secrétaire général des Nations Unies afin d’inclure dans la Déclaration finale de Doha un paragraphe 38 qui appelle à la mise en oeuvre des contributions innovantes de solidarité en faveur du développement. Une telle inclusion répond à des promesses vieilles de plus de 38 ans ! La « stratégie du 38 », telle qu’elle est proposée aujourd’hui par la société civile et un certain nombre d’Etats, est la seule qui permette de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement.
 
 
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