| Editorial |
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La solidarité numérique à l’épreuve de la crise financière.
C ’est dans les périodes de crise que les acteurs politiques révèlent leur capacité à gouverner. Dans la tourmente financière qui secoue les pays industrialisés, des acteurs politiques ont pris les mesures appropriées pour peser sur le cours des événements. Les conférences au plus haut niveau se sont multipliées. Certes, le danger était immense, car la crise mettait en cause des choix politiques et économiques fondamentaux. C’est ainsi que des centaines de milliards d’euros ont été dégagés, en un tour de main, au nom de la nécessité, pour pallier au manque de liquidités des établissements bancaires et assurer le financement des entreprises. En 2000, de manière solennelle, tous les Chefs d’Etat et de gouvernement se sont réunis à New York pour clamer haut et fort leur volonté de réduire la pauvreté dans le monde. Ils se sont donné quinze ans pour parvenir à ce résultat. Huit ans plus tard, au lieu d’accroître leur aide comme ils s’y étaient engagés – d’au moins 50milliards de dollars par année – les aides publiques au développement (APD) diminuent pour toute la zone OCDE et pour celle de l’Union Européenne. Et pourtant, aucun sommet n’est convoqué pour exiger que l’on maintienne, quoiqu’il advienne, le cap sur les objectifs décidés en l’an 2000. Certes, le danger n’est pas imminent et ne remet en cause, ni les fondements du système, ni les privilèges des plus favorisés. Mais il condamne à la pauvreté des centaines de millions d’hommes et de femmes qui n’ont pas eu la chance d’être nés au bon endroit. L’explication selon laquelle les finances publiques ne permettent pas de réaliser les objectifs ambitionnés en l’an 2000 n’est plus recevable. La réponse donnée à la crise financière par les responsables politiques à Washington et à Paris vient de le démontrer. Il ne s’agit que d’un manque de volonté politique.
Cette volonté, si nécessaire en matière de coopération au développement, des personnalités politiques l’ont pourtant affichée lors du premier « Sommet des Villes et des Pouvoirs Locaux de la Méditerranée » qui vient de se tenir à Málaga. Même si l’événement n’a qu’une portée méditerranéenne, les représentants locaux ont pris à Málaga l’engagement d’appliquer un nouveau mécanisme financier pour réduire la fracture numérique, l’une des causes majeures du mal développement qui affecte une majorité de la population mondiale. Bousculant les pesanteurs administratives et juridiques, ils ont déclaré publiquement qu’ils mettront en oeuvre, au niveau de leur circonscription, la «contribution de 1% de solidarité numérique » proposée par le FSN. Par cette décision, ils ont montré leur capacité à diriger. Par leur engagement, ils prouvent qu’en dépit des réductions très sensibles des APD, il est possible, grâce à de nouveaux mécanismes financiers de garder le cap sur le Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Près de trente milliards d’Euros peuvent être collectés, grâce à ce mécanisme innovant, sans qu’il n’en coûte rien, ni aux pouvoirs publics, ni, globalement, aux entreprises. C’est suffisant pour répondre aux défis de l’accès aux connaissances de plusieurs milliards d’individus qui sont aujourd’hui exclus de la société de l’information.
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Sur des enjeux distincts, des réunions d’hommes et de femmes politiques à Washington, Paris et Málaga ont démontré que gouverner reste possible et qu’avec de la volonté politique et un sens minimum de justice et d’équité, même les OMD peuvent être réalisés. Les dirigeants du secteur privé qui ont publiquement souscrit aux engagements du Millénaire en mettant en exergue leur responsabilité sociale devront s’en souvenir lorsqu’on les appellera à répondre aux demandes pressantes des exclus de la société du savoir, qui sont de ce fait irrémédiablement condamnés à la pauvreté.
Dans les jours qui viennent, deux échéances permettront aux acteurs politiques et économiques de confirmer leur engagement de l’an 2000 et leur sens de l’équité. D’abord lors de la Conférence de Lyon sur la solidarité numérique qui se tiendra à l’initiative du Président Nicolas Sarkozy et, ensuite, lors de la Conférence de suivi du financement du développement qui se tiendra à Doha sous l’égide des Nations Unies. Peut-on encore espérer ? Alain Clerc, Secrétaire exécutif
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