Tribune de Genève, 29 septembre 2004

 

Genève promeut sa vision de la solidarité à New York
par Jean-Cosme Delaloye

Segond, Ferrazino et Alain Clerc ont présenté leur Fonds au siège de l’ONU.

Guy-Olivier Segond, Christian Ferrazino et Alain Clerc étaient lundi au siège de l'ONU pour présenter le Fonds de solidarité numérique, une initiative lancée conjointement l'année dernière par la municipalité de Genève et Abdoulaye Wade, président du Sénégal.

Guy-Olivier Segond, Christian Ferrazino et Alain Clerc avaient quelques heures, lundi, au siège des Nations Unies à New York pour promouvoir le Fonds de solidarité numérique. L'ancien conseiller d'Etat genevois, le conseiller administratif de la Ville de Genève et le secrétaire exécutif du Fonds ont quitté la Grande Pomme avec le sentiment du devoir accompli. «Nous avons eu cinq réunions en une journée et avons été reçus en haut lieu, explique Christian Ferrazino. Nous avons obtenu le soutien de l'ONU au projet ainsi que l'appui de la mission suisse aux Nations Unies.»

Créé en décembre dernier en marge du Sommet mondial de l'information à Genève, le Fonds pour la solidarité numérique est une idée d'Abdoulaye Wade, le président du Sénégal. Frustré que le Sommet ne débouche que sur des déclarations d'intention, Wade avait proposé de créer un mécanisme pour aider les pays en voie de développement à se doter d'une infrastructure informatique.

Allant à contre-courant de la position alors adoptée par Berne - qui estimait que la création d'un nouveau Fonds n'était pas nécessaire pour le moment -, la Ville de Genève a alloué à l'époque 500 000 francs. De son côté, le Sénégal a mis 500 000 dollars (630 000 fr.) dans le pot commun pour permettre la création du Fonds.

Depuis, les deux initiants ont été rejoints par Lyon, Paris, Dakar, ainsi que par les provinces de Turin et Rome, la région de Lille et le gouvernement basque. Le Fonds dispose aujourd'hui d'un peu plus de 5 millions de francs.


1% prélevé sur les marges

L'idée défendue lundi à New York par la délégation genevoise a de quoi plaire aux Nations Unies. Elle consiste à verser au Fonds de solidarité numérique 1% du montant de chaque commande informatique effectuée par les collectivités publiques participant à l'initiative. Cette somme doit en fait être prélevée sur les marges des compagnies privées lors de l'appel d'offres. «L'idée est de donner le contrat à la société qui s'engagerait à verser ce pourcent de la commande au Fonds», poursuit Christian Ferrazino. Selon ce dernier, deux grosses boîtes informatiques - une américaine et une française - souhaiteraient faire partie des membres fondateurs du Fonds et seraient prêtes à verser la «cotisation» de départ d'au moins 300 000 euros (460 000 fr.).

Comme l'explique Guy-Olivier Segond, actuel président du Fonds dont le siège est à Genève, le but est de se concentrer sur la coopération Sud-Sud et de privilégier les besoins des collectivités locales et les associations de femmes. Des organes de l'ONU comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont indiqué lundi être prêts à apporter leur aide dans la sélection des projets susceptibles d'être soutenus.

Lundi soir, la délégation genevoise s'est envolée vers le Canada pour tenter de rallier ce pays, ainsi qu'une région comme le Québec, au projet. La prochaine échéance est fixée au 17 novembre, avec l'inauguration officielle du Fonds à Genève. A moyen terme, le Fonds a l'intention d'être présent en 2006 au sommet de l'Information de Tunis et d'organiser une conférence à Genève, en 2006 toujours.