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Genève
promeut sa vision de la solidarité à New York
par Jean-Cosme Delaloye
Segond, Ferrazino et Alain Clerc
ont présenté leur Fonds au siège de l’ONU.
Guy-Olivier Segond, Christian Ferrazino et Alain Clerc étaient
lundi au siège de l'ONU pour présenter le Fonds de solidarité
numérique, une initiative lancée conjointement l'année
dernière par la municipalité de Genève et Abdoulaye
Wade, président du Sénégal.
Guy-Olivier Segond, Christian Ferrazino
et Alain Clerc avaient quelques heures, lundi, au siège des Nations
Unies à New York pour promouvoir le Fonds de solidarité
numérique. L'ancien conseiller d'Etat genevois, le conseiller administratif
de la Ville de Genève et le secrétaire exécutif du
Fonds ont quitté la Grande Pomme avec le sentiment du devoir accompli.
«Nous avons eu cinq réunions en une journée et avons
été reçus en haut lieu, explique Christian Ferrazino.
Nous avons obtenu le soutien de l'ONU au projet ainsi que l'appui de la
mission suisse aux Nations Unies.»
Créé en décembre
dernier en marge du Sommet mondial de l'information à Genève,
le Fonds pour la solidarité numérique est une idée
d'Abdoulaye Wade, le président du Sénégal. Frustré
que le Sommet ne débouche que sur des déclarations d'intention,
Wade avait proposé de créer un mécanisme pour aider
les pays en voie de développement à se doter d'une infrastructure
informatique.
Allant à contre-courant de la
position alors adoptée par Berne - qui estimait que la création
d'un nouveau Fonds n'était pas nécessaire pour le moment
-, la Ville de Genève a alloué à l'époque
500 000 francs. De son côté, le Sénégal a mis
500 000 dollars (630 000 fr.) dans le pot commun pour permettre la création
du Fonds.
Depuis, les deux initiants ont été
rejoints par Lyon, Paris, Dakar, ainsi que par les provinces de Turin
et Rome, la région de Lille et le gouvernement basque. Le Fonds
dispose aujourd'hui d'un peu plus de 5 millions de francs.
1% prélevé sur les marges
L'idée défendue lundi à
New York par la délégation genevoise a de quoi plaire aux
Nations Unies. Elle consiste à verser au Fonds de solidarité
numérique 1% du montant de chaque commande informatique effectuée
par les collectivités publiques participant à l'initiative.
Cette somme doit en fait être prélevée sur les marges
des compagnies privées lors de l'appel d'offres. «L'idée
est de donner le contrat à la société qui s'engagerait
à verser ce pourcent de la commande au Fonds», poursuit Christian
Ferrazino. Selon ce dernier, deux grosses boîtes informatiques -
une américaine et une française - souhaiteraient faire partie
des membres fondateurs du Fonds et seraient prêtes à verser
la «cotisation» de départ d'au moins 300 000 euros
(460 000 fr.).
Comme l'explique Guy-Olivier Segond,
actuel président du Fonds dont le siège est à Genève,
le but est de se concentrer sur la coopération Sud-Sud et de privilégier
les besoins des collectivités locales et les associations de femmes.
Des organes de l'ONU comme le Programme des Nations Unies pour le développement
(PNUD) ont indiqué lundi être prêts à apporter
leur aide dans la sélection des projets susceptibles d'être
soutenus.
Lundi soir, la délégation
genevoise s'est envolée vers le Canada pour tenter de rallier ce
pays, ainsi qu'une région comme le Québec, au projet. La
prochaine échéance est fixée au 17 novembre, avec
l'inauguration officielle du Fonds à Genève. A moyen terme,
le Fonds a l'intention d'être présent en 2006 au sommet de
l'Information de Tunis et d'organiser une conférence à Genève,
en 2006 toujours.
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